jeudi, octobre 5th, 2017

Belgique, les étrangers manquent de pot

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La Belgique ferme ses portes aux étrangers. Ou plutôt elle ne leur sourit plus. Difficile à croire…Pour nous la Belgique est le pays du sourire et de la douce insouciance. Un joyeux melting-pot étonnant. Voire détonnant. On y trouve de tout : des blancs, des noirs, des asiatiques, des métis à la pelle, enfin tout et n’importe quelle type d’hommes. Ce mélange est souvent célébré par de nombreux observateurs qui louent cette mixité à la brésilienne, dans ce pays au cœur saillant de l’Europe.

Une Coutume de tolérance toute protestante

C’est marque d’une certaine tolérance dans les mœurs et les usages, dans ce pays qui a appris, depuis la 1ere conférence de Berlin que le monde n’était pas limité des portes de Brandebourg à l’Oural. Qu’au-delà de l’Oural, il y a avait la vaste et orgueilleuse Russie, les fiers manchous, des tartares, d’autres descendants des Mamelouks ou des hommes venus de l’Afrique voisine. Nous croyons que ce genre de débats étaient passés de mode.
Que nenni. On nous annonce que vivre et visiter la Belgique chérie de nos cœurs, aujourd’hui est devenue un vrai calvaire…Qu’est ce qui a changé au pays des frites ? Essayons d’y voir plus clair. Qui a dit quoi et qui fait quoi ?

La première cause : c’est le ras le bol contre la violence…

Les belges sont-ils devenus les rois des racistes ? Difficile de le croire. Comment croire que ce pays commerçant qui a fondé sa fortune sur les échanges, la découverte des autres et les voyages se soit tant recroquevillé sur lui-même, quitte à surveiller les moindres faits et gestes des étrangers. (Non je ne parle pas de Tintin au Congo), mais des aventures de leur roi dans son « pays – domaine privé », le Congo – Zaïre. C’est pourtant, toute proportion gardée, ce que nous apprend une universitaire, Dounia Bourabain qui affirme sans ambages : « tant dans les chaînes de vêtements bon marché que les boutiques de luxe, l’accueil réservé aux « étrangers » n’est pas le même que celui réservé aux clients d’apparence « belge.. » ! Chocking de chocking ! Pourtant les chiffres semblent attester de ce fait. D’une tendance à tenir l’étranger, le non blanc en respect, à le contrôler, ou à l’épier, comme un malfaisant. Le belge aurait pris peur de l’autre. De cet étranger qui fait des problèmes…Et qui souvent tue ou vole.

Victimes de gros calculs politiciens

Il ne s’agit donc pas d’une simple salade belge, une histoire belge de plus, pour nous faire rire. Cette fois nous allons rire jaune ; l’enquête semble étayer cette nouvelle donne. Dans cette étude fouillée et documentée dans le cadre de son mémoire, la sociologue Dounia Bourabain (VUB) a observé les comportements du personnel dans 301 boutiques de Bruxelles, Malines, Anvers et Louvain. Et les conclusions sont sans appel. Lisez donc : « Les clients catalogués comme étrangers, souvent à partir de leur couleur de peau et de leur langage, sont plus surveillés. Les employés de caisse vont moins faire d’efforts pour les aider ou leur trouver le vêtement qui leur manque. Et cette discrimination se ressent aussi au niveau du genre: le traitement réservé aux hommes étrangers est plus mauvais que celui réservé aux femmes, étrangères elles aussi… ».
Comment justifier l’injustifiable, cette latence infâme dans le rejet de l’autre et les présupposés les plus vils qui soient. La sociologue nous affirme pour nous aider à comprendre : «  Si [les employés] font peu d’efforts pour les personnes d’origine étrangère, c’est parce qu’ils pensent qu’elles n’ont pas assez d’argent pour faire de grands achats… Elles considèrent ces clients comme socio économiquement inférieurs. »

Les simplismes et les raccourcis idéologiques

Une pilule difficile à ingérer. On parle bien de la Belgique siège de nombreux bureaux de l’Europe démocratique et civilisée ? Serions-nous devenus fous et obsédés à tel point que nos vieux réflexes d’autodéfense prennent le pas sur nos valeurs humaines et culturelles… Que disent les femmes et les hommes politiques de tout ceci. On n’a pas eu de la peine à rencontrer un zélateur, qui nous a donné son auguste point de vue. En effet, Mme la présidente du Syndicat des indépendants (SNI) , Christine Matteeuws trouve tout cela bien logique. En gros, elle nous explique que le belge est agressé au quotidien et son existence est remise en question ; il essaie de se défendre comme il peut. «  C’est un réflexe logique.  » . Elle continue et argumente : « Il est donc tout à fait normal que les commerçants surveillent de plus près les personnes d’origine étrangère. Ceux qui causent des problèmes… » Quoi encore. On doit surtout se soumettre à la logique simpliste et imbécile du tout-venant qui n’hésite pas à clouer la différence au pilori : «  l’enfer c’est les Autres, les étrangers » On dirait un remake d’un mauvais film de série B. L’inquiétant est que la police semble coordonner ces opérations de filtrage et de surveillance des étrangers.

Pas une voix dissonante…pour équilibrer.

En conséquence, la police a lancé le projet GAUDI dont la finalité est de renvoyer à leurs pénates originels tous les délinquants étrangers. Qui en voudrait chez lui ? Mais qui surveille et veille à la légalité de ces contrôles de plus en plus humiliants, faits au faciès, dans des conditions plus que douteuses ? «  Euh personne. On peut faire confiance à la police quand même ! » Rétorque un ami belge ! Bien sûr. C’est une police royale avec des points de vue sans équivoques, des propos royaux de types : « L’objectif était d’enfermer les délinquants en séjour illégal et de les rapatrier pour ainsi diminuer cette forme de criminalité » dixit le secrétaire d’État à l’Asile et la Migration Theo Francken.
Heureusement que la société belge a évolué et est multiple. Du coup, nous avons capté cette voix menue et décidée de Patrick Charlier, le directeur du Centre pour l’Egalité des Chances, UNIA, qui osait dire à Sudpresse :  » Mais de là à les surveiller plus que les autres est un raccourci que l’on ne peut pas accepter. Et forcément, s’ils sont davantage surveillés, c’est parmi eux qu’on va trouver les voleurs… » Elémentaire Mister Watson. Je veux dire messieurs les infatués détectives belges.

Paula Cibi à Bruxelles

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